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La dette US crève le plafond

Evolution de la dette américaineAlors que tous les regards sont braqués sur les dettes souveraines des pays européens, Grèce en tête, la courbe de la dette américaine épouse celle d’une exponentielle.
En mars 2009, le montant de cette dette a atteint les 11 000 milliards de dollars, neuf mois plus tard la cap des 12 000 milliards a été franchi. En ce début mai 2010, ce sont les 13 000 milliards qui sont en passe d’être dépassés (1). Si l’on rapporte ce montant à la population américaine (2), on obtient une dette d’environ 42 000 dollars par habitant, alors qu´on sait pas ailleurs que les Américains sont toujours trés porté par les crédits à la consommation
Pour l’année fiscale 2010 (3), les recettes de l’Etat devraient se situer aux alentours des 2 300 milliards de dollars. La dette représente donc environ plus de cinq années de revenus de l’Administration.
Quant au poids de cette dette, il prend lui aussi le chemin d’une pente insoutenable. Sur l’exercice fiscal 2009, les intérêts se sont élevés à 383 milliards de dollars. Sur les sept premiers mois de l’exercice 2010 (octobre 2009-avril 2010) ils ont représenté 224 milliards, contre 193 milliards sur la même période un an avant. Depuis deux ans, les taux d’intérêts de la dette américaine sont particulièrement bas, 3,2 % en moyenne. Par comparaison, ils étaient de 4,56 % en avril 2008. Si les taux remontaient à leurs niveaux de 2008, les intérêts annuels se rapprocheraient des 600 milliards de dollars et représenteraient une ponction annuelle d’environ 2 000 dollars par américain.
Sur l’exercice fiscal en cours la prévision de déficit est de 1 556 milliards. Pour 2011, le plan de l’administration Obama prévoit un déficit de 1 270 milliards de dollars. Au vu de ces deux chiffres, la courbe de la dette américaine a de beaux jours devant elle.
Certaines personnalités commencent à exprimer l’étendue du problème. Ainsi, l’agence de presse financière AWP, rapporte les propos de M. Kocherlakota, président de l’antenne de la Fed à Minneapolis : « La dette supplémentaire ne pourra être payée que de deux façons. Premièrement, le Congrès peut réduire les dépenses ou augmenter les impôts. Deuxièmement, la Fed peut imprimer de la monnaie supplémentaire pour rembourser les nouvelles obligations émises et, ce faisant, créer de l’inflation ».
Mais pour l’instant la récréation se poursuit…
Un de ces jours, la question du remboursement de cette montagne de crédits montera au cerveau des créanciers.
Ce jour-là, les spéculateurs entreront dans l’arène et le sang du dollar coulera à flot.
Ce jour-là, un nouvel empire verra son nom inscrit sur la pierre tombale des soi-disant puissances immortelles.
L’histoire nous enseigne que des périodes sont plus historiques que d’autres… Il semble que la notre est en passe de le devenir.

1- Au 5 mai 2010, d’après le Trésor américain, le montant de la dette publique US est de 12 943 495 066 136 dollars.
2 – Les Etats-Unis comptent environ 308 millions d’habitants.
3- L’exercice fiscal de l’Administration américaine débute le 1er octobre et se termine le 30 septembre.

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Croissance et emplois : la Chine maintient le rythme

Alors que les économies occidentales tentent vainement de sortir d’une crise structurelle profonde, le Bureau d’Etat des Statistiques de Chine (BES) a enregistré une croissance de 11,9% pendant le premier trimestre de 2010. Cette nouvelle performance fait suite à celle enregistrée au dernier trimestre 2009 où l’économie chinoise avait renoué avec un taux de croissance de son PIB à deux chiffres.
Lors de la publication de ces résultats, Li Xiaochao, le porte-parole du BES a déclaré « Grâce aux mesures de relance prises pour lutter contre la crise mondiale, l’économie chinoise a pris un bon départ cette année et le mouvement de reprise continue à se fortifier, ce qui pose de solides fondations pour atteindre l’objectif de croissance prévu cette année ».
Dans le même temps, le ministère chinois des Ressources humaines et de la Sécurité sociale a indiqué que près de 2,9 millions de nouveaux emplois ont été créés dans les zones urbaines chinoises au premier trimestre. Ce chiffre représente environ le tiers de l’objectif fixé pour l’année 2010, soit 9 millions de nouveaux emplois.

Nombre d’économistes prévoyaient un effondrement de l’économie chinoise, trop dépendante de l’Occident, avec la crise financière de 2007. Une fois de plus, ces économistes, représentant la triste pensée officielle, ont démontré leur « superbe clairvoyance »…
La Chine, avec une population de plus de 1,3 milliard d’habitants, possède une masse critique économique bien supérieure à celle de l’Occident. L’arrivée d’une profonde crise économique des pays « développés » a obligé les autorités chinoises à anticiper leur développement endogène. Sur les douze derniers mois, le revenu disponible par tête d’habitant des zones urbaines a augmenté de 9,8 %. La Chine est tout simplement au début de ses « trente glorieuses »…

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Gouvernements recherchent 2 200 milliards d’euros

L’agence de notation Fitch a chiffré à 2 200 milliards d’euros le montant que les Etats d’Europe occidentale devront emprunter sur les marchés en 2010. Cette estimation couvre les pays de l’ex UE des 15 et la Suisse. Pour l’agence, il s’agit d’un record, correspondant à 19 % du PIB cumulé de ces 16 pays. Cette somme, qui représente environ 5 500 euros par habitant, correspond aux besoins des Etats pour financer leur déficit, payer les intérêts des dettes passées et rembourser les montants des emprunts qui arrivent à échéance.
Si l’on regarde plus en détail les chiffres publiés par Fitch, l’on constate que c’est la France qui occupera, en valeur absolue, la première place avec 454 milliards d’euros suivis par l’Italie 393 milliards, l’Allemagne 386 milliards et le Royaume Uni 279 milliards.
Il est à noter aussi qu’en valeur relative du PIB, quatre pays se situent autour de 25 %. Il s’agit de l’Italie, la Belgique, la France et l’Irlande.
Ces sommes records sont en partie liées aux très forts déficits budgétaires des Etats, mais aussi au fait qu’ils ont privilégié, ces dernières années, les émissions de dettes à courte échéance. Les taux à court terme sont bien plus faibles que ceux à moyen et long terme et cela évite, pour l’instant, aux Etats de payer trop d’intérêts. Par contre cette politique nécessite de revenir plus souvent sur les marchés, ce qui rend les Etats plus exposés aux variations de taux d’intérêt et aux stratégies des spéculateurs. Une politique d’emprunt à court terme est judicieuse si l’on est en capacité de rembourser à l’échéance or, pour les Etats, les prévisions des déficits budgétaires indiquent l’inverse.
La réponse des Etats à la crise financière a été un transfert des dettes privées vers le secteur public. Par cette action, le piège s’est refermé sur les Etats et ils sont maintenant plus que jamais dépendant du bon vouloir des marchés financiers. En 2008, les marchés financiers se sont retrouvés au bord de l’implosion, en 2010 ils se retrouvent en situation de force comme jamais ils ne l’ont été. Maintenant la finance peut jouer à sa guise avec une nouvelle bulle, celle des dettes souveraines. Sans une reprise en main puissante de la finance internationale par les Etats, c’est l’aliénation totale qui les guette et par là même celle des peuples qui les composent.

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Les presque vrais chiffres de l’emploi

Chaque mois, avec un relais médiatique, le gouvernement français annonce et publie les chiffres du chômage. En fait, pour être plus précis il faudrait dire : chaque mois, avec un relais médiatique, le gouvernement annonce les chiffres des demandeurs d’emploi de catégorie A. Et d’un autre côté, il publie, sans grand relais médiatique, les chiffres des demandeurs d’emploi des catégories A à E (la définition des catégories se trouve en bas de l’article).
La subtilité est de taille. Si l’on analyse les données de novembre 2009, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A (celui que l’on retrouve à la une des médias généralement sous le titre « le nombre de chômeurs ») s’élevait à 2,630 millions, alors que si on totalise l’ensemble des cinq catégories on obtient le chiffre de 4,312 millions.
Cette subtilité permet au gouvernement d’annoncer des chiffres « plus présentables » et un taux de chômage inférieur à 10 % de la population active. Ainsi, lorsque sur la catégorie A le taux de chômage est de 9,1 %, il est de 14,92 % si l’on prend comme base les cinq catégories. De même il a été annoncé pour le mois de novembre une augmentation de 3 000 demandeurs d’emplois, ce chiffre correspond à la catégorie A, si l’on prend l’ensemble des catégories, l’augmentation est de 25 000.
Les deux graphes ci-dessous, publiés par le Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, illustrent parfaitement les écarts.

chiffres-demandeurs-emploi-toute-categorie

Cette façon de communiquer n’est pas le privilège de la France et elle se retrouve dans l’ensemble des pays industrialisés. Pour l’anecdote, en novembre 2009, le Congrès américain a approuvé un allongement provisoire de la durée des allocations chômage de 14 semaines, pour ceux dont les droits arrivent à expiration. Mais, pour des raisons de « continuité statistique », les personnes qui bénéficient de cette extension ne sont pas inclues dans les statistiques.

Pour terminer, si le titre de l’article contient l’adverbe presque, c’est que, même en totalisant les cinq catégories, les chiffres des demandeurs d’emploi ne sont pas complets. Ces chiffres ne prennent pas en compte les personnes qui, pour de multiples raisons, ont renoncé à être inscrites à Pôle emploi. Sont aussi ignorées, les personnes faisant l’objet d’une procédure d’exclusion administrative. Bref ces cinq catégories ne représentent pas une vision exhaustive de la situation.
En cette période de « fêtes de fin d’année », il est dit que les pensées doivent aussi se tourner vers ceux qui en sont exclus, alors une petite pensée pour tous ceux que les communications officielles laissent volontairement de côté.

Définition des catégories de demandeurs d’emploi :
- catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;
- catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (78 heures ou moins au cours du mois) ;
- catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (plus de 78 heures au cours du mois) ;
- catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…) y compris les demandeurs d’emplois en convention de reclassement personnalisé (CRP) et en contrat de transition professionnel (CTP), sans emploi ;
- catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés).

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